Un rapport des Nations unies met la lumière sur le non-respect par l'Etat rwandais de l’embargo sur les armes en RDC
[03/07/2012]
Amnesty International réagit à la publication imminente de « l'annexe » du rapport d'étape 2012 du Groupe d'experts des Nations unies sur la République démocratique du Congo (RDC). Ce document explique comment le non-respect de l’embargo sur les armes imposé à la RDC permet d’approvisionner les différents groupes armés. Les dirigeants politiques doivent non seulement renforcer l’embargo en vigueur sur les armes à destination de la RDC, mais aussi souscrire à un traité sur le commerce des armes efficace.
Il s'agit notamment du recrutement de jeunes Rwandais et d'ex-combattants démobilisés au profit du groupe armé M23, ainsi que de la fourniture d'armes et de munitions à ce groupe.
Les unités des Forces de défense rwandaises (FDR) auraient également soutenu les activités du groupe armé M23 en RDC et apporté leur soutien à d'autres groupes armés dans l'est du Congo.
Paule Rigaud, directrice adjointe du programme Afrique d'Amnesty International.« Certains commandants du M23, en particulier Bosco Ntaganda, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale, et d'autres dirigeants de groupes armés qui sont soutenus par le Rwanda, sont soupçonnés d'avoir perpétré des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. »
Amnesty International demande au Conseil de sécurité de renforcer l'embargo sur les armes et sollicite un contrôle accru des Nations unies dans les zones frontalières à l'est du Congo. La Mission de l'ONU pour la Stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) et le Groupe d'experts doivent sans délai rendre compte de toute violation de cet embargo au Conseil de sécurité et au Comité des sanctions.
Selon des informations crédibles recueillies par Amnesty International, le groupe M23 continue de se livrer à de graves atteintes aux droits humains. Entre avril et mai 2012, les combattants du M23 ont violé des dizaines de femmes et de jeunes filles dans le groupement de Jomba (territoire de Rutshuru, province du Nord-Kivu), où le M23 a établi sa base. Les victimes, principalement des personnes déplacées à l'intérieur de leur pays, auraient été violées alors qu'elles se rendaient aux champs en quête de nourriture. Le Rwanda conteste les conclusions du Groupe d'experts des Nations unies.
A lire aussi
Notre rapport République démocratique du Congo. « Si tu résistes, on te tue ». République démocratique du Congo : arguments en faveur d'un traité efficace sur le commerce des armes, Index AI : AFR 62/007/2012, 12 juin 2012











































